LES SEPARATIONS

Nos relations amoureuses ne sont pas épargnées par les séparations.

Nous rencontrons quelqu'un, nous tombons amoureux, et avec de la chance, le sentiment est réciproque. Alors nous allons décider de faire un bout de chemin ensemble, en espérant secrètement que c'est pour longtemps, voire pour la vie.

Et je ne parle pas que des femmes, c’est aussi le souhait de nombreux hommes.

Cela peut durer quelques semaines, quelques mois, quelques années, aucun moyen de le savoir au départ.

Parfois l’illusion amoureuse, qui nous fait penser que l’autre est comme nous voudrions qu’il ou elle soit, se dissipe et nous nous rendons compte que ce n’est pas ce que nous voulions.

Ce n’est de la responsabilité de personne, il n’y a pas de « faute ».

Mais la magie du début n’est plus là, elle n’a peut-être même existé que dans notre imagination, et il n’y a pas d’autre choix que de se séparer.

Si nous restons longtemps avec quelqu’un, c’est un autre phénomène qui peut se passer. Les évolutions des individus peuvent être très différentes avec le temps, elles ne vont pas obligatoirement dans le même sens.

Parfois, après quelques années, voire même des dizaines d’années, nous nous rendons compte que l'autre est devenu un étranger, avec qui nous n'avons plus grand chose en commun. Et même si les sentiments sont encore là, cela ne suffit plus.

La décision de la séparation n'est jamais facile, même si c'est la meilleure chose à faire.

Nous avons peur de blesser l'autre, nous avons peur d'être seul(e), nous avons peur de ne pas y arriver, nous avons peur de ne jamais rencontrer quelqu'un d'autre, beaucoup de peurs en fait.

Parfois, la séparation est provisoire, elle était nécessaire pour prendre du recul, et nous devons inventer une autre relation avec la même personne, qu'elle soit de nouveau amoureuse, sur d'autres bases, amicale ou simplement cordiale.

Parfois la séparation est définitive, il n'est même pas possible de devenir amis, trop de choses ont été dites.

Ou, au contraire pas assez de choses.

D'autres séparations définitives et très douloureuses peuvent survenir. Nous devons dire adieu à des personnes que nous aimions, suite à des maladies ou des accidents. Ces séparations nous affectent parfois très profondément, comme si des parties de nous disparaissaient.

Et puis, il peut aussi y avoir de nombreuses séparations dans notre vie professionnelle.

Nous pouvons voir partir un(e) collège ou un(e) responsable avec qui nous nous entendions bien, et en plus de la tristesse de leur départ, il y a de la peur : qui va désormais occuper ce poste ? Vais-je bien m'entendre avec eux ?

Nous pouvons subir un licenciement, qui peut être vécu comme un rejet total de qui nous sommes. Cela peut aller jusqu'à avoir la très désagréable impression d'être "quelque chose" (même plus "quelqu'un" dont il fallait se débarrasser.

Notre poste peut être supprimé suite à un rachat ou une réorganisation de l'entreprise.

Ou bien notre âge nous rappelle qu’il est temps de partir à la retraite, alors que nous n’en avons peut-être pas envie, que nous nous sentons en forme, que nous souhaiterions continuer. Et on ne nous demande pas notre avis.

Il faut dire aussi que même si nous accueillons ce départ avec soulagement, qu'il était temps pour nous de partir, la séparation d’avec le monde du travail, le fait de ne plus être un « actif » peut être difficile à vivre.

Même une démission pour « quelque chose de mieux » peut être vécue comme une séparation.

Et si nous sommes à notre compte, que nous avons monté une entreprise, et que nous devons la fermer, cela peut être un déchirement.

Toutes ces séparations ont un véritable impact sur nous et notre façon de voir le monde. Ce sont des expériences qui nous forgent, et peuvent nous rendre plus fort, comme disait ce bon Frédéric Nietzsche.

Mais ce n’est pas sans laisser de traces…

Dans le prochain post de cette série, je vais évoquer un autre type de séparation, la séparation avec nous-même.