Je fais de la formation et de l’accompagnement d’équipes depuis 15 ans maintenant, et j'adore ça.

Travailler avec des groupes, avoir des échanges avec les participants, les voir évoluer sur une ou plusieurs problématiques, tout en s'amusant beaucoup, me met littéralement en joie.

J'utilise beaucoup l'humour ( qui est la capacité à se moquer de soi-même) et la provocation, pour faire réagir les gens. Je ne me moque jamais des personnes, mais de leurs croyances limitantes. Je ne remets pas en cause mes interlocuteurs mais leur façon de voir le monde. En fait, je les aide à dédramatiser et à remettre les choses en perspective. Et nous rions beaucoup.

A tel point même qu'à plusieurs reprises, des participants m'ont dit que je devrais faire du théâtre ou devenir humoriste, certains ajoutant que je pourrais être la nouvelle Muriel ROBIN.

La comparaison est flatteuse, j'ai beaucoup d'admiration pour la dame en question, mais je réponds immanquablement « Non, je ne serais pas la nouvelle X, je suis et je serais Sylvie Claire MORIN, la seule et l’unique ». Ben oui, quoi, autant dire du bien de soi, non ?

Donc, pour ce qui est de « faire mon numéro » je sais faire, avec des groupes, j'assure.

Et puis il y a eu ma première conférence, il y a quelques années maintenant.

Je devais parler de « la gestion du stress au bout des doigts » pendant une demi-journée, devant un public d’une quarantaine de personnes à Colmar, et la semaine d’après, 70 personnes à Strasbourg.

Ce qui voulait dire monter sur scène (pour que tout le monde puisse me voir) et faire mon show.

Laisser s’exprimer mon humoriste intérieure, en quelque sorte.

Et dans ma façon de voir les choses, il faut y aller. Il n’est pas question de lire ses notes, ou de se tenir à un pupitre, ou de se cacher derrière son power point…

D’ailleurs à ce sujet, ceux qui me connaissent savent à quel point je déteste les « slides » et autres présentations de ce type. Pour moi, c’est un fil à la patte, qui m’empêche d’exprimer ma créativité et ma spontanéité. Je me sens bridée par du texte et des images projetés. Je suis ma propre présentation !

Et j’ai déjà assisté à des conférences où j’ai cru mourir d’ennui parce que l’orateur avait des slides avec juste du texte, beaucoup de texte, et qu’il lisait à haute voix ! Je lisais plus vite qu’il ne parlait, donc j’étais bien saoulée. Parfois j’avais envie de hurler et de partir en courant.

Ah oui, peut-être ne le savez-vous pas, mais la patience n’est pas ma qualité première, et j’ai une petite tendance à l’exagération.

Un peu tragédienne, l’humoriste, en fait…

Revenons-en à mes premières conférences devant un public plus important que les groupes avec qui je travaille habituellement.

Quelques jours avant la première, j'ai commencé à me demander pourquoi j'avais eu cette idée saugrenue : pourquoi se jeter ainsi dans la gueule du loup ? Pourquoi ne pas rester tranquillement dans mon coin, à faire ce que je sais faire ? Pourquoi me mettre ainsi en avant ?

Les gens vont me voir, ils vont m'entendre.

Bon, c'est l'idée de départ, nous sommes d'accord. J’ai des choses à dire, donc c’est mieux si des gens les écoutent non ?

Oui, mais bon, voilà quoi.

Là, ils vont surtout voir que je ne suis pas parfaite, que ma silhouette n'est pas idéale, que ma présentation n'est pas excellente. Ils vont voir tout ce qui ne va pas. Ils vont pouvoir me juger, voire me critiquer.

De quoi me donner envie de me cacher dans un trou et ne plus en sortir.

Et je me suis souvenue de l'extrait d'un discours de Théodore Roosevelt, que l'on a résumé sous le nom de « l'homme dans l'arène » :

Ce n’est pas celui qui critique qui compte, ni celui qui montre comment l’homme fort a trébuché ou comment l’homme d’action aurait pu mieux faire. Tout le mérite appartient à celui qui descend vraiment dans l’arène, celui dont le visage est couvert de sueur, de poussière et de sang, qui se bat vaillamment, qui se trompe, qui échoue encore et encore, mais qui fait de son mieux pour progresser, qui est enthousiaste, qui au mieux connaîtra le triomphe d’une grande réalisation et qui, s’il échoue, au moins aura échoué en osant de grandes choses, afin que sa place ne soit jamais avec ces âmes timides et froides qui ne connaissent ni la victoire ni la défaite.

Vé, c’est beau ! Encore !!!

Bon, trêve de billevesées.

En fait, ce texte m'a fait longuement réfléchir.

Si je comprends bien, ce qui compte c'est d'y aller, d'essayer, même si ce n'est pas parfait….

Nous pourrions sans doute longuement débattre de ce qu'est la perfection, mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui, mais sans doute d’un prochain blog post.

Donc :

Et de faire de son mieux.

Okay, ça je peux faire.

C'est forte de cette nouvelle philosophie, (et du texte de ma conférence, que j'ai tellement travaillé que j'avais de quoi faire un séminaire d'une journée !!!) que je suis donc montée sur scène.

Et je me suis follement divertie !

Et mon public aussi.

Bon, il faut dire que j’avais un micro casque et je me suis amusée à faire des bruitages pour me mettre en voix. Une vraie gamine !

Quand je dis que je suis ma propre présentation ?

Mais le public a aimé. Vraiment aimé.

Ils ont été touchés, ils ont ri, ils ont compris des tas de choses. Et ils sont venus me remercier à la fin, en me disant que cela les avait beaucoup aidé.

J’ai atteint mon objectif.

J'ai ravalé ma peur de me mettre en avant, j'ai cessé d'écouter la petite voix qui me soufflait que « ce n'était pas prudent », et j'ai osé.

J’ai osé faire de grandes choses et je n’ai pas échoué.

Je ne crains pas de dire que j’ai connu le triomphe d’une grande réalisation, selon ce bon Teddy Roosevelt.

Et je me suis « éclatée » comme je n'aurais même pas pu l'imaginer. Je suis prête à recommencer demain !

Si votre boulot, c'est de me dire comment faire le mien, vous devriez au moins savoir comment faire mon boulot !

Il y aura toujours des perfectionnistes (ils sont partout) qui diront qu’on peut toujours mieux faire, qu’on peut toujours s’améliorer.

Oui, sans doute.

Si ça vous fait plaisir de vous dépasser sans cesse, allez-y, vous me raconterez.

Mais ça risque d’être épuisant pour pas grand-chose.

Parce qu’en fait, il y aura toujours des donneurs de leçons.

Il y aura toujours des gens qui « sauront » mieux que vous et voudront vous dire comment faire votre métier (auquel ils ne connaissent en fait pas grand-chose)

Il y aura toujours des fâcheux qui railleront les tentatives des autres...

Si vous essayez de contenter tout le monde, au bout d’un moment vous décevrez tout le monde et en plus vous serez éteints et découragés, voire anéantis.

A moins que vous ne réagissiez plus brutalement :

Attention : afin d'éviter tout risque de blessure, ne me dites pas comment faire mon boulot !

Un peu dramatique, certes, mais bon, vous voyez ce que je veux dire !

Quoi que vous fassiez, il y aura des critiques ou des gens pour vous dire « moi, j’aurais pas fait comme ça »

Est-ce une raison pour ne pas faire ?

Cela ne reviendrait-il pas à leur donner raison deux fois ? Ce qui serait déjà agaçant...

Et si on ajoute à cela que ceux qui critiquent le plus sont souvent ceux qui font le moins, ça commence à devenir carrément énervant, non ?

Si je le lui demande, je suis okay pour que quelqu'un qui a réussi quelque chose de bien, que j’aimerais faire aussi, me donne son avis.

S’il s’agit de quelqu'un qui ne l'a jamais fait, mais qui a une idée très précise de comment vous devriez le faire (pas pour lui-même hein ! Faut pas exagérer non plus !), et qui se permet de vous le dire d'un ton docte, j'ai plus de mal.

Mais de quoi on parle, là ?

Alors pour rire (ou pas) cette image qui dit : si vous avez une opinion sur ma vie, levez la main s'il vous plait. Maintenant, mettez la devant votre bouche !

C'est vrai que se mettre en avant peut provoquer des réactions chez ceux qui n'osent pas, comme de la jalousie.

Mais c'est le problème de qui ? Le leur. Uniquement le leur.

Ils voudraient nous faire croire que c'est le nôtre, ou que c'est de notre responsabilité, mais ce n'est pas vrai.

Sauf si nous décidons que l’avis de l’autre a plus d’importance que le nôtre, et qu’il ou elle a forcément raison.

Cela s’appelle abdiquer son pouvoir personnel, ça.

Je sais, se mettre en avant peut réveiller nos peurs et nos croyances limitantes, comme « Pour qui est-ce que je me prends ? » ou bien « Et si je n’étais pas à la hauteur ? » ou encore « Personne n’a envie d’écouter ce que j’ai à dire » etc.

La liste peut être longue.

Mais la peur n’a jamais empêché quelqu’un de faire quelque chose.

On dit même que c’est la définition du courage, avoir peur mais y aller quand même.

J'ai récemment lu « Avoir du courage ne signifie pas que vous n'avez pas peur, mais que vous ne laisser pas la peur vous arrêter ! »

Et Mark TWAIN a dit « Le courage, c'est la capacité de résister à sa peur, de la maîtriser, ce n'est pas l'absence de peur »

A ce sujet, j’aime beaucoup le livre de Suzan Jeffers « Tremblez mais osez ! » (Feel the fear and do it anyway ! »)

C’est vrai que si nous n’avons pas peur, c’est facile…

En fait, nous pouvons y voir une application du principe d’apprentissage.

Quoi que nous fassions de nouveau, au début, c’est difficile, nous n’osons pas, nous avons peur de nous tromper, nous hésitons, il nous faut un temps infini pour réaliser ce que nous avons à faire

Et puis l’effet d’expérience s’enclenche. Cela commence par être moins difficile, jusqu’à devenir facile.

Je ne dis pas qu’il faut se torturer et s’obliger à faire des choses quoi nous terrifient, juste parce qu’on nous a dit qu’il faudrait le faire, ou que c’est à la mode, ou que nos amis le font… Non ça c’est du terrorisme personnel !

Je parle des choses qui sont juste en dehors de notre zone de confort actuelle, que nous aurions envie de faire, et que nous n’osons pas encore faire.

Allez encore une petite citation, pour la route : «Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles. » Sénèque

Alors pour vous c’est quoi, se mettre en avant ?

Dire ce que vous pensez vraiment à quelqu’un ? Prendre la parole en public ? Mettre votre site Internet ou une vidéo en ligne ? Demander une augmentation ? Changer de boulot ? Ecrire un livre ? Faire un voyage ?

Et vous commencez par quoi ?

Bon, ben, moi j’y vais, hein, j’ai un truc sur le « feu » !